Georges Studer, une passion nommée Peugeot

Collectionneur de voitures anciennes, ce professeur à la retraite voue un véritable culte à Peugeot. Il expose ce week-end à Lyon deux voitures exceptionnelles dans le cadre d'Epoqu'auto. Portrait d'un homme passionné.
Georges Studer est amoureux. Et même raide dingue d'une... voiture. Ou plutôt d'une marque automobile, fleuron du patrimoine industriel français. "Peugeot, c'est un mythe vivant", avance l'homme en préambule.
Georges Studer roule Peugeot, pense Peugeot, vit Peugeot. Ancien professeur de langues, ce retraité s'est lancé à la fin des années 80 dans une carrière de collectionneur qu'il vit comme une seconde jeunesse. "Sans passion, je crois que l'on n'avance plus", commente-t-il simplement.
L'aventure débute en 1988, avec la restauration d'une 301 de 1935. "Mon père en possédait une. Je me souviens avoir dormi dedans dans ma jeunesse", sourit M. Studer. Le virus aurait donc été contracté à ce moment là... "Je suis fasciné par l'histoire de cette marque. J'ai toujours été attiré par Peugeot, une entreprise familiale qui a traversé tellement d'époques. Dès l'adolescence, je bricolais dans les moteurs. Ensuite, c'est devenu un hobby. Une chose est certaine, il faut une bonne base mécanique  pour devenir collectionneur", délivre-t-il.
"Le plaisir de rouler"
De la Torpedo à la 604, de 1917 à 1980, c'est toute la saga Peugeot que revisite progressivement le collectionneur, clé à molette en main. Cinq à six automobiles au total, "quinze en comptant aussi celles de mon fils". Des voitures en état de marche. "Je parcours environ 5 000 km par an au total. On restaure avant tout pour le plaisir de rouler", précise-t-il.
Depuis dix ans, M. Studer est également président des Pétroleuses beaujolaises, le club des collectionneurs de la région. A partir de demain et jusqu'à dimanche, il expose deux véhicules à Lyon, dans le cadre d'Epoqu'auto, un salon organisé à Eurexpo et dédié aux voitures anciennes (voir encadré). Les visiteurs pourront découvrir un prototype Peugeot de mai 1934, sur une base de 301 CR. "C'est une étude de carrosserie, avec des formes arrondies ; il s'agit des premiers pas des français en matière d'aérodynamique", explique le mécanicien, qui a passé les douze dernières années à restaurer un modèle acheté à l'état d'épave. Le "proto" sera visible sur le stand de "L'aventure Peugeot", une fierté supplémentaire pour Georges Studer. L'autre véhicule mis en lumière est une une 604 limousine ayant appartenu à l'ambassade soviétique à Paris. Sans les micros, mais en parfait état. Un fragment d'histoire dans un bout de tôle. "Je roule d'ailleurs toujours en 604 aujourd'hui, tout comme mon fils".
La fin
des collections ?
Georges Studer nous entraîne dans son garage. Ou plutôt celui de son fils, à qui il a transmis le virus de la mécanique. Dans un recoin, la 604 limousine. A l'opposé, une nouvelle épave à restaurer. Des années de travail en perspective pour faire vivre sa collection. Question à un spécialiste : les voitures d'aujourd'hui nourriront-elles les collections de demain? "A mon avis, non. L'utilisation massive de l'électronique risque de tuer notre passion. Il va être quasiment impossible de bricoler les voitures contemporaines. Or, on restaure pour rouler. Une collection de voitures statiques, ça n'a pas de sens pour moi", argumente le président des Pétroleuses. Lucide, Georges Studer garde pourtant une part de rêve dans un coin de sa tête.
S'il gagnait au loto, il chercherait sans délai à se procurer "une 402 Eclipse à toit métallique de 1936, dont il reste seulement quelques exemplaires, ou bien une 402 Dral'ma". Deux modèles aussi rares que chers. Alors, pour l'heure, Georges Studer se contente donc aisément de sa collection actuelle. Car quelle que soit sa valeur, une Peugeot reste une Peugeot.
Julien Verchère

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