Maison du Patrimoine : l'Histoire locale réduite en cendres

Trois jours après l'incendie qui a ravagé une partie du bâtiment, les salariés de la structure sont
lancés dans une course contre la montre pour retrouver au cœur des cendres des parcelles d'Histoire locale. Un premier bilan laisse néanmoins transparaître une perte culturelle considérable.
La collection du Patriote Beaujolais, la seule complète existante, est notamment partie en fumée.
C'est tout un pan du patrimoine caladois qui a été réduit en cendres lundi. Tôt dans la nuit, un violent incendie a en effet ravagé la partie supérieure de la maison du Patrimoine, édifice situé à proximité immédiate de la collégiale Notre-Dame-des-Marais. Le feu serait parti d'un appartement sis au 40 rue Rolland, peu avant deux heures du matin, avant de se propager au bâtiment voisin par la toiture. Fort heureusement, l'intervention de plusieurs dizaines de pompiers a permis d'éviter que les flammes n'embrasent la collégiale.
Le sinistre n'a fait aucun blessé, mais les dégâts matériels -et surtout culturels- sont inestimables. Des pièces uniques ont disparu dans la fournaise du 3e étage, comme des objets liés à la fête des conscrits ou encore la collection de plaques photographiques de verre. La collection du Patriote Beaujolais, la seule complète existante, est également partie en fumée.
Trois jours après l'incendie, reste une odeur particulière, mélange de brûlé et d'humidité. Lorsqu'on grimpe au troisième étage par l'escalier escarpé, encombré d'ouvriers et d'experts, on prend toute la mesure de ce "drame culturel". Deux des quatre salariés de la maison du Patrimoine s'affairent pour tenter de sauver ce qui peut l'être. Avec parfois de belles surprises. "Quelques heures après le drame, on pensait que rien ne pouvait être récupéré. Mais on a retrouvé en état correct quelques-unes de nos plus grandes richesses, comme ces tableaux de Vermorel, qui apportent des informations sur les recherches de ce scientifique spécialiste de la vigne", désigne Philippe Branche.
Course contre le temps
Des bracelets gaulois, trouvés près de Béligny au début du 20e siècle, ont également été retirés de l'amas de bois, de papier et de fer. Le tout forme un "tapis" d'une cinquantaine de centimètres d'épaisseur, au sein duquel les historiens pratiquent des recherches ciblées. "C'est une course contre la montre. Plus le temps passe et  plus la qualité des objets risque d'être altérée. Les pigments de certaines photos sont en train de disparaître. On essaie de les rephotographier. Nous sommes une petite équipe et il faut souvent employer le système D", exprime Géraldine Charrion. Un intense travail de numérisation a cependant permis de garder une trace de certains éléments. "Malgré tout, la perte est énorme. Il s'agissait de la pièce la plus importante pour le travail, avec des journaux, des plans, des archives...", déplore Philippe Branche. "Mais on ne pourra pas tirer de bilan définitif avant plusieurs semaines".
Débutera ensuite un intense travail de reconstruction. A la recherche d'une mémoire partie en fumée.
Julien Verchère
| Mentions légales |   | Connexion |   © Création du site Internet et référencement : Appli-Box